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Chapitre III
UN OURS À BÉQUILLES
Ce fut une nuit agitée sur l’Ours de mer. Des pas sur le pont
réveillèrent les dormeurs. Ils se retournèrent dans leurs
couchettes et se rendormirent, pour être réveillés à nouveau par
la sonnerie d’un réveil, instantanément arrêtée. Dick était
allongé, pensant aux petits lochs qui figuraient sur la carte, et
se demandant combien de temps le nettoyage du navire
prendrait, et s’il pourrait aller à terre pour avoir une dernière
chance de voir des Plongeurs avant de rentrer chez lui.
On bougeait dans la cabine. On entendit le bruit de
quelqu’un qui glissait en montant l’échelle.
– Mille millions de sabords ! J’aimerais que mes tibias
soient en acier !
Ce devait être Marion qui avait manqué un barreau.
Il y avait aussi des bribes de discussion rapides et enthou-
siastes sur le pont :
– Regarde ! Regarde ! C’est l’endroit.
– Ne crie pas.
– Si tu veux. Mais ils dorment comme des souches.
Puis il y eut le léger bruit du canot qu’on amenait le long du
bateau, le grincement des rames. Le silence... puis :
– Que fait-il ? Il piétine pour se réchauffer ?
– Il cherche le meilleur endroit pour l’échouage.
– Pourquoi déplace-t-il cette pierre ?
– Il pose des repères pour qu’on puisse voir où amener le
bateau quand la marée montera.
– Il est reparti.
Il y eut un long moment de silence, puis un léger choc et la
voix du capitaine Flint à l’extérieur :

