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le pont avant. C’est un grand bateau et nous ne pouvons pas
nous permettre de laisser quoi que ce soit se produire.
– Pas ce genre de chose, précisa Micky.
Mais il ne l’entendit pas. Il était déjà à la poupe, regardant
de droite à gauche comme pour jauger les distances.
– Lâchez l’ancre à jet, ordonna-t-il.
Il y eut un plouf et, tandis que l’Ours de mer avançait
lentement, il laissa filer de la corde, puis héla Jean, qui fut là en
un instant.
– Surveille la corde de l’ancre à jet, lui dit-il Assure-toi
qu’elle se déroule bien, mais sois prêt à la tirer rapidement si
nous devons faire marche arrière. Il ne faut pas qu’elle bloque
l’hélice.
– Bien, commandant !
– Je vais prendre la barre pour l’échouage, dit le capitaine
Flint. Tu te débrouilles bien, Suzanne. Prépare-toi à reprendre
le contrôle. Marion. Prête avec cette chaîne de proue ?
– Tout est prêt pour y aller, assura Marion.
« Tchug... tchug... tchug... »
Lentement, très lentement, l’Ours de mer avançait vers le
rivage.
– Stop !
– Stoppé ! cria Roger, en tirant le levier de vitesse à moitié
vers l’arrière.
Le bruit du moteur s’accrut soudainement, maintenant qu’il
ne faisait plus tourner l’hélice.
Lentement, de plus en plus lentement, l’Ours de mer se
déplaçait dans la petite baie. Il y avait des rochers tout près
devant, à bâbord et à tribord. Sur le côté tribord, ils
commençaient déjà à cacher l’embouchure de la crique et la
mer au-delà. Encore vingt mètres et l’Ours de mer heurterait
son beaupré contre d’autres rochers situés au-dessus d’une
étroite bande de plage incurvée.
– D’une minute à l’autre, dit calmement le capitaine Flint.

