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brouillard, passant le long de son flanc, puis disparaissant à
l’arrière, la corde de l’ancre à jet s’étirant après lui tandis que
Jean, Marion et Suzanne la tendaient et s’assuraient qu’elle
était libre. Dick et Dorothée, depuis le cockpit, regardèrent la
corde glisser comme un serpent sur la surface de l’eau jusqu’à
ce qu’elle disparaisse comme tout le reste à quelques mètres du
bateau.
– Plus que trois brasses, cria Jean.
Il y eut un plouf loin derrière et le capitaine Flint, revenu à
la rame, grimpa à bord et se rendit à l’avant pour attacher la
corde de l’ancre à jet à la chaîne de l’ancre principale avant de
laisser filer deux brasses de plus.
– Nous sommes bien amarrés, dit-il en arrivant à l’arrière.
Nous n’aurons plus de problème maintenant.
– Comment est le rivage ? demanda Dick. Il doit être assez
proche à cause de ces tétras.
– On n’a jamais pu l’apercevoir. Nous avons fait le tour du
navire et n’avons rien vu. Mais on a une bonne profondeur, un
bon fond et beaucoup de place pour nous balancer.
– Où sommes-nous ? demanda Dorothée.
– Nous le saurons quand le brouillard disparaîtra. Il ne
durera pas. Le vent vient de la terre. Ce sera assez clair au
matin.
– Nous nous arrêtons ici ? demanda Suzanne.
– Nous y sommes vraiment bien, répondit Marion. Enfer et
damnation ! Que cette brume est humide !
– Tu devrais dire « mes dents claquent ! » dit Roger.
– Eh bien, elles le font sans que je le dise.
– Les miennes aussi, déclara Margot. Faisons du feu dans la
cabine.
– Bonne idée, dit le capitaine Flint.
Il y eut une ruée vers l’échelle. Une demi-heure plus tard, le
poêle de la cabine ronflait et tout l’équipage du navire était
assis au chaud. Il était difficile de croire que quelques heures

