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auparavant, ils naviguaient sous un soleil radieux. La grosse
lampe avait été allumée. Dorothée pensait qu’un chapitre
brumeux irait bien dans sa Romance des Hébrides. Jean
écrivait le journal de bord : « Arrivé à la côte. Brume épaisse. À
l’ancre par sept brasses. Fond de boue. Déployé l’ancre à jet.
Terre au nord ». Le capitaine Flint consultait un livre
d’instructions nautiques. Marion regardait encore une fois la
petite carte sur laquelle le propriétaire de l’Ours de mer avait
marqué l’endroit où il l’avait conduit à terre pour un carénage.
Dick regardait la grande carte de l’Amirauté qui montrait de
nombreux petits lochs non loin de la côte, l’endroit idéal pour
trouver des Plongeurs, si seulement il pouvait aller à terre et les
chercher. Margot et Suzanne, cuisinières, discutaient du dîner
et se mettaient d’accord sur des macaronis et des tomates avec
des œufs pochés. Micky était retournée à son propre journal de
bord : « À l’ancre dans la brume blanche. Nous pouvons être
n’importe où ». Roger tripotait son flageolet en essayant de
trouver un air approprié à jouer. Il s’adressa un sourire et fit
sursauter tout le monde en jouant à toute allure Nous ne
rentrerons pas avant le matin.
– Oh, tais-toi ! dit Jean. Si tu veux souffler dans ce truc, on
va te mettre dans le canot au bout d’une longue corde et tu
pourras aller jouer dans le brouillard.
Roger joua une mesure ou deux de God save the King! pour
montrer qu’il mettait fin à son concert privé, et répondit :
– Si vous n’aimez pas la vraie musique, demandez au
capitaine Flint de sortir son accordéon.
– Bien dit, Roger ! déclara le capitaine Flint. Nous allons
leur remonter le moral en jouant des duos.
– Nous n’avons pas besoin d’être réconfortés, répliqua
Marion. Être ici est la meilleure chose qui soit arrivée depuis le
début de notre croisière. Mais ça ne nous dérange pas de vous
aider à faire du bruit.
– Ce sera comme être dans l’Arctique, dit Micky. Nansen

