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Dick, à moitié endormi, entendit Roger dire « tais-toi ! » puis
quelqu’un d’autre « moteur ! ».
Et Roger bondit de sa couchette en criant :
– J’arrive ! J’arrive ! Ne le fais pas démarrer avant que je
sois là.
Dick s’assoupit de nouveau. Quand il se réveilla, il ne lui
fallut qu’un instant pour se rendre compte qu’il était le seul à
être sous le pont. Un soleil éclatant balayait la cabine. Le
moteur tournait à plein régime. Il se frotta les yeux, attrapa ses
lunettes, sortit de sa couchette, remonta l’échelle et trouva tout
le reste de l’équipage sur le pont, et l’Ours de mer se déplaçant
très lentement sur l’eau lisse d’une crique ensoleillée, là où hier
on avait les yeux bandés dans le brouillard.
Le côté nord de la crique vers laquelle ils se dirigeaient était
abrupt et rocheux. Une bosse de terrain ascendante, couverte de
bruyère, cachait la vallée indiquée sur la carte. À l’entrée de
l’anse, Dick vit des mouettes tournoyer autour de la falaise qui
avait renvoyé le bruit du moteur lorsqu’ils étaient passés tout
près d’elle dans le brouillard. Le sommet de la falaise
s’inclinait vers une petite colline, derrière laquelle une haute
crête cachait les constructions qu’ils avaient vues du large. En
regardant vers l’arrière, il aperçut une ligne de rochers
s’élevant en un promontoire qui séparait leur crique d’une autre
située plus au sud. Au fond de la crique, un torrent se terminait
par une cascade. L’Ours de mer se dirigeait vers une petite baie
bordée de rochers de chaque côté. Il était parfaitement à l’abri,
même si de petits nuages blancs, très hauts dans le ciel,
accouraient vers la mer, et si à l’extérieur, au-delà de la falaise,
les vagues se pressaient, coiffées de blanc.
– Approchons au ralenti, dit le capitaine Flint. Inutile de
percuter le rivage.
– Bien, commandant ! répondit Roger.
« Tchug... tchug... tchug... »
Beaucoup de travail avait été fait depuis que, tôt le matin, le

