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Tout le monde retint son souffle.
          « Scrrrunch... »
          Quelques secondes plus tard, le capitaine Flint avait quitté la
       barre,  était  dans  le  canot  et  ramait  vers  le  rivage,  Marion
       laissant filer la chaîne tout en ramant.
          « Scrrrunch... »
          – Il a réussi ! s’exclama Micky.
          Ils le virent sortir du canot, le tirer d’un demi-mètre sur la
       plage, sortir l’ancre, chanceler sur le rivage en la portant, et la
       coucher parmi les rochers.
          – Tire sur la chaîne de proue et fais vite, cria-t-il à Marion
       qui la tendit en un instant.
          – Corde arrière, Jean ! Tire et amarre !
          – Bien, commandant !
          – Corde de bâbord, Marion.
          Il repartit en canot. Marion lui passa l’extrémité d’une corde
       qu’il tira sur le rivage et attacha autour d’un rocher.
          – Corde de tribord !
          En quelques minutes, l’Ours de mer fut amarré à l’avant et à
       l’arrière, avec des cordes fixées à terre de chaque côté.
          « Scrunch. Scrunch. »
          – Il est à nouveau à flot, dit Roger. Dois-je lui donner une
       autre poussée avec le moteur ?
          – Terminé avec les moteurs.
          Roger disparut en bas. Le bruit du moteur s’arrêta et le jeune
       mécanicien  remonta  sur  le  pont,  s’essuyant  les  mains  sur  un
       chiffon gras et paraissant extrêmement satisfait.
          Le capitaine Flint, rouge et essoufflé, monta à bord.
          « Scrunch... » un très léger « scrunch » cette fois.
          – Le bateau chatouille le sol, remarqua Micky.
          – Tout va bien, souffla-t-il. La marée doit encore monter de
       quelques  centimètres.  Et  maintenant,  on  va  abaisser  les
       béquilles.  À  tribord  pour  commencer.  On  a  le  temps  de  les
       installer toutes les deux avant que le bateau ne se pose.
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