Page 43 - GrNordiques_v1c
P. 43
Tout le monde retint son souffle.
« Scrrrunch... »
Quelques secondes plus tard, le capitaine Flint avait quitté la
barre, était dans le canot et ramait vers le rivage, Marion
laissant filer la chaîne tout en ramant.
« Scrrrunch... »
– Il a réussi ! s’exclama Micky.
Ils le virent sortir du canot, le tirer d’un demi-mètre sur la
plage, sortir l’ancre, chanceler sur le rivage en la portant, et la
coucher parmi les rochers.
– Tire sur la chaîne de proue et fais vite, cria-t-il à Marion
qui la tendit en un instant.
– Corde arrière, Jean ! Tire et amarre !
– Bien, commandant !
– Corde de bâbord, Marion.
Il repartit en canot. Marion lui passa l’extrémité d’une corde
qu’il tira sur le rivage et attacha autour d’un rocher.
– Corde de tribord !
En quelques minutes, l’Ours de mer fut amarré à l’avant et à
l’arrière, avec des cordes fixées à terre de chaque côté.
« Scrunch. Scrunch. »
– Il est à nouveau à flot, dit Roger. Dois-je lui donner une
autre poussée avec le moteur ?
– Terminé avec les moteurs.
Roger disparut en bas. Le bruit du moteur s’arrêta et le jeune
mécanicien remonta sur le pont, s’essuyant les mains sur un
chiffon gras et paraissant extrêmement satisfait.
Le capitaine Flint, rouge et essoufflé, monta à bord.
« Scrunch... » un très léger « scrunch » cette fois.
– Le bateau chatouille le sol, remarqua Micky.
– Tout va bien, souffla-t-il. La marée doit encore monter de
quelques centimètres. Et maintenant, on va abaisser les
béquilles. À tribord pour commencer. On a le temps de les
installer toutes les deux avant que le bateau ne se pose.

