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falaise qui s’étendait jusqu’aux collines et, au nord de cette
crête, quelques chaumières et une maison grise.
– Maison bien visible, dit Margot, en regardant la carte.
– De toute façon, assura Micky, il n’y a pas de maison là où
on va.
– Ces maisons n’ont pas d’importance, ajouta Dorothée.
Elles sont dans une autre vallée, au sommet de cette chaîne de
montagnes. Elles ne seront même pas visibles.
– Je ne les vois pas très bien, même maintenant, remarqua
Roger.
Il n’y a pas de certitude en mer. Au tout dernier moment,
alors que la crique s’ouvrait devant eux, les choses changeaient
rapidement. Plus loin au sud, le cap était de moins en moins
visible. Le vent faiblissait. L’Ours de mer se déplaçait de plus
en plus lentement. La lumière du soleil s’était affaiblie.
Quelque chose d’étrange se passait sur la côte. Les sommets
des collines, à l’intérieur des terres, étaient nets et encore clairs,
mais c’était comme si un voile blanc pendait sur leurs pentes
inférieures.
– J’avais bien dit qu’il fallait démarrer le moteur, dit Roger.
Le capitaine Flint jeta un coup d’œil inquiet vers la terre.
– Nous allons peut-être devoir changer nos plans, dit-il
soudain, descendant rapidement l’échelle.
En regardant en bas, ils purent le voir s’affairer avec des
règles parallèles sur la carte de l’Amirauté.
– Oh non ! s’exclama Marion, il ne peut pas penser à aban-
donner maintenant.
– On y est presque, ajouta Micky.
Soudain, les voiles battirent, et Marion dut changer de cap
pour les gonfler à nouveau. L’air était soudainement plus frais.
C’était comme si quelqu’un avait baissé la lumière du soleil.
– Je ne vois pas la Tête, annonça Jean.
Il y eut un cri venant d’en bas.
– Hé, Marion ! Pourquoi changes-tu de cap ?

