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– Nous arrivons sur le bon cap. On n’aurait pas pu être plus
chanceux.
– C’est bon pour l’Ours de mer, remarqua Micky.
– Continue comme ça, ajouta le capitaine Flint, et cette
bordée nous amènera près de l’entrée.
Une main, celle de Suzanne, s’avança vers l’écoutille et
saisit le nœud de rose se trouvant à l’extrémité du cordon qui
pendait du battant d’une petite cloche de bateau.
« Ting... ting... »
– Deux coups de cloche ! Cinq heures. Le thé ! s’exclama
Marion, presque comme si elle voulait inciter les autres à
quitter rapidement le pont.
– Nous allons arriver, dit le capitaine Flint. Nous y serons en
un rien de temps, si seulement le vent se maintient.
Roger, au premier « ting » de la cloche, avait ouvert
l’écoutille avant et disparaissait déjà en-dessous. La main de
Suzanne s’éleva à nouveau dans l’écoutille, portant cette fois
une tasse pour Marion. Margot la prit et la posa du côté sous le
vent, dans un coin du cockpit où elle ne pouvait pas glisser.
Suzanne fit passer un énorme gâteau aux raisins secs, que
Margot lui remit.
– Dois-je également manger le mien sur le pont ? demanda-
t-elle.
– Pas besoin, assura Marion.
Micky et Dorothée descendirent et Margot les suivit.
– Vas-y, Jean, dit Marion. Tu auras une meilleure vue quand
nous serons un peu plus près... Descends aussi, Dick. Ton
Ppppppptérodactyle n’est plus visible.
Dick jeta un dernier coup d’œil vers cette longue masse qui
se détachait de la côte, au sud. Elle ressemblait presque à une
île, mais il savait qu’il s’agissait en fait d’un cap, la Tête, qui
cachait le port où ils avaient vu pour la première fois le bateau
de l’homme-oiseaux. Il ne pouvait plus voir le yacht à moteur.
Il suivit Jean dans la descente.
Marion, à la barre, était seule sur le pont. Le tintement des

