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– Bien, commandant !
« Tchug... tchug... tchug... tchug... » L’Ours de mer évoluait
dans un monde blanc qui lui était propre.
« C’est comme être une chenille à l’intérieur d’un cocon »
pensa Dick en essuyant hâtivement ses lunettes, en les
remettant et en essayant d’y voir clair, sans trop savoir si le
brouillard était sur elles ou tout autour de lui.
Marion, aux haubans de tribord, une ligne de vie nouée
autour de sa taille et fixée au gréement, de sorte qu’elle pouvait
utiliser ses deux mains sans craindre de tomber par-dessus
bord, s’apprêtait à balancer le plomb. Il pendait à environ un
mètre sous sa main droite, et la grande bobine de la ligne de
sonde, avec ses marques à chaque brasse, était dans sa main
gauche. Elle balançait le plomb d’avant en arrière, de plus en
plus largement. Elle le faisait tourbillonner, encore et encore et
encore... Elle l’avait lâché et le plomb s’envolait devant le
navire. Personne à bord ne pouvait faire cela aussi bien qu’elle.
Dick pouvait voir qu’elle le « sentait » quand le bateau le
rattrapait, immergé, comme si elle pêchait avec une ligne à
main.
– Pas de fond à douze brasses ! cria-t-elle.
– Continue, dit le capitaine Flint.
Micky monta par l’échelle au lieu de passer par l’écoutille
avant, car celle-ci était fermée pour laisser plus de place à la
chaîne qui était rangée là, prête à sortir par le chaumard dès que
l’ancre serait lâchée. Elle tenait une boîte de conserve à la

