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– Nous entrons, répondit Marion, en sortant le plomb et sa
ligne d’un casier dans le cockpit.
– Si nous le pouvons, précisa le capitaine Flint.
La côte avait complètement disparu. La colline au sommet
carré avait été engloutie. Le « tchug... tchug... tchug » du
moteur faisait avancer lentement l’Ours de mer dans un mur de
laine blanche.
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Le garçon au-dessus de la falaise avait vu le brouillard
arriver, remplir la vallée et cacher le cerf qu’il observait. Il
sentit un souffle froid sur son front. Le vent changeait. Il avait
écrit son journal pour la journée, et mangé tout ce qu’il avait
prévu de manger du gâteau qu’il avait apporté avec lui. Un
lointain son de cornemuse l’appelait chez lui. Il mit son journal
et ce qui restait de son gâteau dans la boîte à biscuits qui lui
servait de coffre-fort, la poussa bien à l’abri des regards à
l’arrière de sa cachette privée et, lorsque le brouillard
l’atteignit, entreprit de se frayer un chemin parmi les rochers et
les bruyères.
Personne à terre ne vit l’Ours de mer affaler ses voiles.
Personne n’entendit le bruit de son moteur alors qu’il avançait
lentement vers la falaise.

