Page 17 - GrNordiques_v1c
P. 17
Le Ptérodactyle coupa la route de l’Ours de mer à vingt ou
trente mètres devant son étrave.
– C’est vraiment grossier, dit Marion.
– Il est tout à fait dans son droit, répondit le capitaine Flint.
En allant à cette vitesse, il va estimer que nous sommes
pratiquement immobiles. Tout de même, il aurait été plus
courtois de ne pas en rajouter.
Dick, avec ses jumelles, essayait d’apercevoir l’homme-
oiseaux lui-même. Mais le Ptérodactyle était dirigé depuis
l’intérieur d’un rouf et il ne pouvait pas voir qui était à la barre.
Il n’y avait personne sur le pont pendant que le grand yacht à
moteur poursuivait sa route, laissant derrière lui une longue
ligne d’écume.
– Il en a probablement vu beaucoup, murmura Dick.
– Vu quoi ? demanda Margot.
– Dick pense aux oiseaux, expliqua Dorothée.
– Aux Plongeurs, précisa Dick.
– Dans une heure, ce bateau sera au port, dit le capitaine
Flint en jetant un coup d’œil à l’horloge vissée à une poutre, de
manière à être facilement visible depuis le pont. Enfin, s’il
retourne à *****. (Pour une très bonne raison, le nom du port
où ils avaient vu le Ptérodactyle pour la première fois ne sera
pas mentionné dans ce livre).
– Si nous allons chercher de l’essence avant de commencer
à traverser, tu pourras le revoir, dit Dorothée à son frère.
– Bien sûr, il peut aller ailleurs, assura Dick.
– Mettons le moteur en marche, dit Roger, qui était venu à
l’arrière et qui n’avait pas du tout apprécié de voir le
Ptérodactyle se déplacer beaucoup plus vite que l’Ours de mer.
– Enfer et damnation ! s’écria Marion. Qu’est-ce que tu fais
ici ? Tu ne cherches que ça. Va-t’en ailleurs et ferme-la sur les
moteurs.
– Tu vas bientôt demander des moteurs toi-même, répliqua
Roger, s’approchant encore plus. Le vent est de plus en plus
faible.

