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Le Ptérodactyle coupa la route de l’Ours de mer à vingt ou
       trente mètres devant son étrave.
          – C’est vraiment grossier, dit Marion.
          – Il est tout à fait dans son droit, répondit le capitaine Flint.
       En  allant  à  cette  vitesse,  il  va  estimer  que  nous  sommes
       pratiquement  immobiles.  Tout  de  même,  il  aurait  été  plus
       courtois de ne pas en rajouter.
          Dick,  avec  ses  jumelles,  essayait  d’apercevoir  l’homme-
       oiseaux  lui-même.  Mais  le  Ptérodactyle  était  dirigé  depuis
       l’intérieur d’un rouf et il ne pouvait pas voir qui était à la barre.
       Il n’y avait personne sur le pont pendant que le grand yacht à
       moteur  poursuivait  sa  route,  laissant  derrière  lui  une  longue
       ligne d’écume.
          – Il en a probablement vu beaucoup, murmura Dick.
          – Vu quoi ? demanda Margot.
          – Dick pense aux oiseaux, expliqua Dorothée.
          – Aux Plongeurs, précisa Dick.
          – Dans  une  heure,  ce  bateau  sera  au  port,  dit  le  capitaine
       Flint en jetant un coup d’œil à l’horloge vissée à une poutre, de
       manière  à  être  facilement  visible  depuis  le  pont.  Enfin,  s’il
       retourne à *****. (Pour une très bonne raison, le nom du port
       où ils avaient vu le Ptérodactyle pour la première fois ne sera
       pas mentionné dans ce livre).
          – Si nous allons chercher de l’essence avant de commencer
       à traverser, tu pourras le revoir, dit Dorothée à son frère.
          – Bien sûr, il peut aller ailleurs, assura Dick.
          – Mettons le moteur en marche, dit Roger, qui était venu à
       l’arrière  et  qui  n’avait  pas  du  tout  apprécié  de  voir  le
       Ptérodactyle se déplacer beaucoup plus vite que l’Ours de mer.
          – Enfer et damnation ! s’écria Marion. Qu’est-ce que tu fais
       ici ? Tu ne cherches que ça. Va-t’en ailleurs et ferme-la sur les
       moteurs.
          – Tu vas bientôt demander des moteurs toi-même, répliqua
       Roger,  s’approchant  encore plus.  Le vent  est  de plus  en plus
       faible.
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