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Le capitaine Flint se pencha et jeta un coup d’œil à
l’horloge.
– Marée basse, dit-il. Je n’essaierais pas sans cela. Mais le
brouillard sera sur nous dans une minute.
Il sortit une fois de plus sa boussole de poche et fit un relevé
du cap de la colline au sommet carré, qui n’était plus qu’un
fantôme gris au-dessus de la brume.
– Très bien, Marion, dit-il. Tu as gagné. Affalez toutes les
voiles ! Nous allons démarrer le moteur, Roger. Et j’espère de
tout cœur que l’essence durera assez longtemps pour nous faire
entrer.
– Oh, bien ! dit Micky.
– Bien, commandant, répondit Roger.
Et, suivant le capitaine en bas, il ajouta :
– Je vous avais bien dit que nous en aurions besoin.
On entendit un ronflement lorsque le moteur démarra et un
battement régulier pendant qu’il chauffait. Le capitaine Flint
fut de nouveau sur le pont en un instant. La trinquette était déjà
affalée. Margot et Suzanne, travaillant ensemble, amenèrent le
foc. Le capitaine Flint donna un coup de main à Jean pour le
hunier et mit le poids de la bôme sur la balancine.
– Suzanne et toi prenez la drisse de pic, dit-il. Je m’occupe
de la gorge. Amenez.
C’était un exercice familier pour l’équipage de l’Ours de
mer et en quelques minutes, toutes les voiles avaient été
affalées et le vieux cotre se débattait dans la houle.
– Marion est la plus adroite avec la sonde. Jean prendra la
barre. En marche avant lente, Roger !
– Bien, commandant !
L’Ours de mer recommença à avancer doucement tandis que
le bruit du moteur changeait.
– Cap nord-ouest, Jean, et aussi stable que tu pourras.
– Cap nord-ouest, nous y sommes.
– Mais qu’allons-nous faire ? demanda Dorothée.

