Page 20 - GrNordiques_v1c
P. 20
tasses et des assiettes résonnait en bas. Elle prit une gorgée de
thé et une grande bouchée du gâteau. C’était mieux que
d’entrer dans un port avec des bouées, des phares, des
magasins et des quais. Naviguant vers une côte inconnue,
guettant une petite brèche dans la ligne de côte, elle avait le
bateau pour elle seule et souhaitait que le thé dans la cabine
dure éternellement.
Assis à la table avec les autres, Dick vit deux feuilles de thé
flotter dans sa tasse. Il les sortit.
– Des étrangers en vue, déclara Micky.
– Peut-être tes Plongeurs, ajouta Dorothée. Peut-être que tu
vas les voir après tout.
Dick, en tant que scientifique, ne croyait pas aux prophéties
des feuilles de thé.
– Il n’y a plus beaucoup d’espoir, dit-il.
– On ne sait jamais, répliqua Dorothée.
Personne n’a envie de rester en bas lorsque le navire a fait
une bonne approche de la terre et se dirige vers un mouillage
inconnu choisi par l’équipage et non par le capitaine. Marion
n’eut pas le bateau pour elle seule pendant très longtemps.
Personne ne traîna devant le thé, et peu après ils étaient tous à
nouveau sur le pont, regardant la côte qui se rapprochait de
plus en plus, observant la colline au sommet carré, jetant un
coup d’œil à la boussole, comparant la falaise, maintenant
facile à voir, avec son petit dessin sur la carte de Mac, et
impatients d’avoir le premier aperçu de la petite crique où
l’Ours de mer avait été nettoyé une fois et allait être nettoyé à
nouveau.
– Je l’ai ! lança Jean qui avait monté sa longue-vue
jusqu’aux barres de flèche. Elle est juste à gauche de la
falaise... Le sol est bas au sud de celle-ci, à l’aplomb du bout
du beaupré.
Ils purent bientôt tous l’apercevoir depuis le pont, l’étroit
bras de mer sous la falaise, la crête située au-dessus de cette

