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Le capitaine Flint regarda autour de lui.
– Roger n’a pas tort, remarqua-t-il. On dirait qu’il y a du
changement. Ce vent est misérable. Mais il n’y a pas d’essence
en réserve, sauf pour entrer au port. Avec le calme d’hier, nous
avons presque asséché les réservoirs. Ce n’est pas grave, on n’a
pas beaucoup de chemin à faire. On devrait bientôt apercevoir
cette colline.
Roger était de retour sur le pont avant. Suzanne était de
nouveau dans le gaillard d’avant et surveillait une bouilloire
qui commençait à chauffer. Dick essayait de ne pas perdre de
vue la petite tache évanescente du bateau de l’homme-oiseaux.
Marion jetait un coup d’œil tantôt au compas, tantôt aux voiles,
les gardant pleines mais pas trop, décidée à tirer le meilleur
parti du vieux cotre. Tous les autres, le capitaine Flint, Margot,
Micky, Dorothée et Jean, regardaient les collines bleues devant
eux.
– Sommet carré ! cria soudainement Roger, en pointant du
doigt le long du beaupré.
– Je ne le vois pas, dit Micky.
– Où ? demanda Dorothée.
– Ça pourrait être ça, dit Jean. On commence juste à le voir.
La ligne d’horizon devant eux changeait. Les collines
proches des côtes montaient et cachaient les plus hauts reliefs
situés au-delà. Jean donna la petite carte à Margot et escalada
les haubans de bâbord jusqu’aux barres de flèche pour avoir
une vue de plus haut.
– C’est bien le sommet carré, annonça-t-il.
Le capitaine Flint prit la carte des mains de Margot.
– C’est à tribord avant, ajouta Jean, descendant rapidement
pour jeter un autre coup d’œil à la carte.
– On dirait bien, dit le capitaine Flint. Ce petit croquis a dû
être fait à peu près d’où nous sommes maintenant. Quel est
notre cap, Marion ?
– Nord-ouest.

