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avec les jumelles et la longue-vue. « Regardez, c’est mon tour
maintenant. Je l’ai repéré en premier ». C’était Roger. « Ce
n’est qu’un bateau à moteur, de toute façon ». C’était Jean. « Il
va nous dépasser de très près ». C’était Marion. « Continue,
Marion. On a la priorité. Tu n’as pas à t’inquiéter. Il va passer
sous notre poupe ». C’était le capitaine Flint. « Il arrive à une
vitesse incroyable ». C’était Roger. « Il transporte sans doute
des dépêches ». C’était Micky. « Ou il emmène un médecin
jusqu’à un phare ». C’était Dorothée.
Dick entendit à peine les bavardages. Il regardait les images
colorées de son livre d’oiseaux, montrant les Plongeurs qu’il
n’avait jamais vus. Demain serait sa toute dernière chance. Le
bavardage sur le pont ne signifiait rien pour lui jusqu’à ce que,
tout à coup, il entende son propre nom.
– C’est le bateau de Dick.
C’était la voix de Margot.
– Dick ! Viens voir ! Où est-il ? Hé ! Dick !
Dorothée se pencha sur l’échelle et appela.
– Dick ! Dick ! Dépêche-toi. C’est ton homme-oiseaux et il
va nous dépasser de très près.
Dick était déjà en train de se frayer un chemin sur le
plancher incliné de la cabine et d’atteindre l’échelle. Dorothée
lui glissa les jumelles dans la main lorsqu’il arriva sur le pont.
Il n’en avait pas besoin pour reconnaître le bateau de l’homme-
oiseaux. Il l’avait reconnu dès qu’il l’avait vu, mais en se
redressant du mieux qu’il pouvait et en essayant de maintenir
les jumelles stables, il les utilisa pour lire au moins quelques-
unes des nombreuses lettres de son nom. « P.T.É.R... » L’Ours
de mer fit une embardée et les jumelles pointèrent vers le ciel
au lieu du bateau... Il les tourna vers le bas et lut les dernières
lettres... « A.C.T.Y.L.E ». Oui, c’était bien le Ptérodactyle, sur
le chemin du retour.
Plus tôt dans leur croisière, ils l’avaient vu dans un port, de
l’autre côté du cap, et Dick avait dit aux autres ce que son nom,
PTÉRODACTYLE désignait : une sorte de mi-oiseau mi-

