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Jean, les pieds bien écartés pour se stabiliser, était penché
sur la table à cartes près de l’échelle, regardant d’abord la
grande carte qui montrait les côtes des deux côtés du Minch, la
péninsule écossaise et les Hébrides extérieures, et maintenant
une carte beaucoup plus petite qui montrait en détail la petite
crique vers laquelle le bateau se dirigeait. Mac, le propriétaire
de l’Ours de mer, avait laissé un grand nombre de ces petites
cartes à bord. Jean et Marion avaient passé des heures
captivantes à les consulter et, lorsque le capitaine Flint déclara
qu’il avait l’intention de nettoyer le navire avant de le rendre,
ils brandirent cette carte devant lui.
« Regarde ça », avait dit Marion. « Mac ne s’est pas embêté à
le conduire dans un port pour le caréner. Regarde cette ancre, et
regarde cette croix et ce qu’il a griffonné au crayon dans la
marge...“Ours de mer nettoyé”... Faisons de même. Il a ses
propres béquilles. Il n’y a pas besoin de l’emmener dans un
port et de l’adosser à une jetée ».
Le capitaine Flint avait accepté à contrecœur.
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Micky était allongée sur le ventre dans sa couchette, suçant
un crayon et mettant à jour son journal de bord privé, un
journal assez différent de celui tenu par Jean et Marion, qui
était constitué de caps suivis, de distances parcourues et de
remarques sur les changements de vent et de temps. Il est
beaucoup plus facile d’écrire couché sur le ventre dans une
couchette qu’assis à la table de la cabine pendant que l’Ours de
mer est balloté par le vent ; (ce n’était pas qu’il le soit
beaucoup en ce moment, avec seulement une brise faible pour
le pousser, mais il y avait eu des moments où il avait été très
secoué, et où Micky s’était réfugiée dans sa couchette pour
écrire son journal de bord). Dorothée écrivait aussi, mais c’était
quelque chose qui n’avait rien à voir avec ce qui se passait à
bord du navire. Elle s’était calée dans un coin près du mât,
adossée à la cloison qui séparait la cabine et le gaillard d’avant,

