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Marion était à la barre.  Margot, qui était son second et sa
       sœur, était dans le cockpit à côté d’elle, prête à donner un coup
       de  main  avec  un  cordage  si  nécessaire.  Le  capitaine  Flint
       fumait une pipe, assis sur la lucarne de la cabine, guettant la
       colline  au  sommet  carré  qui  leur  indiquerait  le  chemin  de  la
       crique  qu’ils  devaient  trouver.  Roger,  assis  sur  le  panneau
       avant,  surveillait  et  se  demandait  quand  les  autres  allaient
       convenir que le vent, qui tombait depuis le début de la matinée,
       avait tellement faibli qu’il serait bon de démarrer le moteur. Le
       reste  de  l’équipage  se  trouvait  en  bas,  dans  la  cabine,  à
       l’exception  de  Suzanne,  qui  surveillait  l’horloge  et  venait  de
       s’avancer  dans  le  gaillard  d’avant,  pour  allumer  un  réchaud
       Primus et y mettre une bouilloire pour le thé de l’équipage.
          La  cabine  avait  peu  changé  depuis  l’époque  où  l’Ours  de
       mer était un cotre-pilote en activité. Il y avait toujours les six
       couchettes  des  pilotes,  construites  pour  ainsi  dire  dans  les
       flancs  du  navire,  au-dessus  de  longues  banquettes.  Aller  se
       coucher, comme l’avait dit Micky, c’était comme entrer dans
       un clapier à lapin. Mais,  une fois à l’intérieur,  on pouvait se
       couper de tout le monde en tirant un rideau. Plus d’un pilote
       fatigué avait dû dormir dans l’une de ces couchettes  pendant
       que les autres, à seulement un mètre ou deux de là, jouaient aux
       cartes sous la lampe de la cabine.
          Plus loin à l’arrière se trouvaient deux autres couchettes, une
       de chaque côté, près de l’échelle, ce qui était pratique pour aller
       sur le pont. Elles avaient été utilisées autrefois par les hommes
       dont  le  travail  consistait  à  emmener  le  cotre  en  mer,  à  la
       rencontre  des  grands  navires  qui  arrivaient,  à  déposer  des
       pilotes  à  bord  et  à  en  récupérer  d’autres  sur  les  navires  en
       partance.  Jean  et  le  capitaine  Flint  occupaient  ces  deux
       couchettes. Marion, Margot, Suzanne, Micky, Dorothée et Dick
       avaient chacun une couchette-clapier dans la cabine, tandis que
       Roger,  le  plus  petit,  avait  la  sienne  dans  le  gaillard  d’avant,
       sans doute occupée jadis par un mousse norvégien.
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