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– On y est presque.
– Où va le ruisseau ? demanda Dick, se souvenant qu’il
n’avait pas vu de pont.
– Il est vraiment petit. Il passe par un tuyau sous la route, puis
à travers nos taillis jusqu’à la rivière.
Ils continuèrent à grimper. Marion qui remontait le chemin
accidenté les bras devant la figure à cause des branches, était
déjà hors de vue.
Soudain, ils entendirent un cri joyeux au-dessus d’eux dans le
bois.
– Il n’est pas encore tombé !
Ils arrivèrent à l’endroit où le ruisseau traversait le chemin.
– Oh, dit Margot. Quelqu’un a posé des pierres de gué. Il n’y
en avait jamais eu.
De l’autre côté du ruisseau, certains arbres avaient été abattus
il y a longtemps et dans l’espace libre se trouvait une vieille
cabane décrépite, construite en pierres brutes. Une fenêtre
s’ouvrait dans le vide. Le toit était recouvert d’ardoises énormes,
vertes de mousse. Ici et là, de l’herbe poussait dessus, et il y avait
des fougères qui pointaient entre les pierres de la cheminée.
Quelqu’un, autrefois, avait peint les mots « Foyer des Chiens »
en grosses lettres maladroites sur la porte. La peinture s’était
décolorée, mais les mots étaient encore lisibles.
– C’est un peu descendu de ce côté, dit Marion, de derrière la
hutte.
Ils firent le tour et la trouvèrent en train de regarder un tas de
pierres qui étaient tombées du mur arrière.
– Heureusement qu’ils ont construit des murs aussi épais, dit-
elle. Il en reste beaucoup. Ça durera encore une semaine de toute
façon. Et heureusement que ce n’est pas le mur avec la
cheminée. Si l’intérieur est bien, ça ira. Voyons comment c’est.
– C’est curieux, dit Margot à la porte. Quelqu’un s’en est servi
pour quelque chose. Elle est fermée.
– Bêtises, répliqua Marion. Il n’y a personne pour l’utiliser.

