Page 42 - Pictes_v1b
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Dick  et  Dorothée  suivaient,  essoufflés,  non  pas  tant  parce
       qu’ils se dépêchaient que par la rapidité avec laquelle les choses
       se passaient. Les plans d’une vie paisible avaient été balayés en
       un instant. Cette lettre de la grand-tante des Blackett avait tout
       changé. Même Cook, qui semblait si heureuse de les voir, avait
       été aussi bouleversée que Marion et Margot. Au petit déjeuner,
       ils avaient été des invités bienvenus, mais après l’arrivée de cette
       lettre, même Cook n’aurait pas pu affirmer que leur présence
       n’était pas un problème. Comment pouvait donc être cette grand-
       tante ? Et puis un mot de Dick sur le fait d’être des blaireaux, un
       mot  de  Dorothée  sur  le  fait  d’être  des  Pictes,  et  déjà  ils
       cherchaient une cachette. C’était mieux que de rentrer chez soi,
       bien sûr, mais… une maison pour chiens, un chenil…
         – Courage, les Pictes ! dit Margot.
                                    <>

         Il y avait une ceinture de grands pins et de mélèzes le long de
       la route. Un chemin partant de l’ouverture dans le mur conduisait
       soudainement du soleil à l’ombre. Sur une vingtaine de mètres,
       il y avait une piste claire couverte d’aiguilles brunes. Mais au-
       delà des pins et des sapins, il y avait des taillis, des chênes, des
       noisetiers  et  des  bouleaux  argentés,  et  les  Pictes  pouvaient
       rarement voir plus de quuelques mètres devant eux. Pendant un
       certain temps, le chemin était assez praticable puis, soudain, il
       se  transforma  en  quelque  chose  qui  ressemblait  au  lit  d’un
       ruisseau de montagne asséché : des pierres et des rochers aux
       arêtes  vives  avec  ici  et  là  une  petite  mare.  Dick  et  Dorothée
       eurent beaucoup de mal à passer d’une pierre à l’autre, tout en
       évitant les branches de noisetier.
         – Un petit ruisseau le traverse plus haut, dit Margot en les
       attendant.  C’est  pourquoi  il  est  comme  ça.  Quand  il  pleut
       beaucoup, le ruisseau déborde et vient couler ici, et vous devez
       plutôt vous faufiler entre les arbres.
         – Tout va bien,  assura  Dorothée. Mais  ça prend du temps.
       C’est encore loin ?
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