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Il y avait eu autrefois une chaîne et peut-être un cadenas pour
fermer la porte de l’extérieur. Il n’en restait qu’un crochet dans
la porte et un autre dans son montant. Un peu de ficelle avait été
passée à travers les deux crochets et attachée.
Marion l’observa brièvement.
– Attachée par une boucle, dit-elle. Pas un nœud de marin en
tout cas. Personne que nous connaissons n’attacherait ce truc
comme ça. Mais vous avez tout à fait raison. Quelqu’un s’en est
servi. Regardez ces charnières : huilées. Avant, c’était une masse
de rouille.
– Il y a beaucoup de choses à l’intérieur, remarqua Dorothée,
qui essayait de regarder dans l’obscurité par la fenêtre sans vitre.
Pourquoi l’appelle-t-on le Foyer des Chiens ?
– Je suppose que c’est une blague, dit Marion en tirant sur la
ficelle. Oncle Paul dit que les bûcherons l’utilisaient bien avant
notre naissance. Et il y allait quand il était petit garçon. Pas de
chance pour nous si quelqu’un s’en sert maintenant.
Elle ouvrit la porte.
Personne ne voit grand-chose lorsqu’on regarde par une petite
fenêtre dans une pièce sombre, et le peu que Dorothée avait pu
distinguer dans l’obscurité n’avait pas été réjouissant. Lorsque
la porte s’ouvrit et que la lumière pénétra, la cabane ressemblait
encore moins à un endroit où il était possible que n’importe qui,
à moins d’être un vrai Picte, un sauvage ou un blaireau, puisse
s’installer pour vivre. C’était comme regarder dans un tas de
bois. Une énorme masse de bois de chauffage semblait remplir
la hutte. Des branches d’arbres mortes avaient été transportées à
l’intérieur et jetées les unes sur les autres sur le sol en terre.
– Si quelqu’un l’utilisait, c’est fini, dit Margot.
Mais Marion se faufilait entre le mur et le bois de chauffage.
Dorothée et Margot la suivirent. Dick, après un coup d’œil,
revint et entra par la fenêtre.
Et soudain, l’idée de vivre dans la hutte commença à sembler
plus prometteuse. Une fois passée cette grande barrière de

