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servirait à rien de parler de fantômes à la grand-tante. Elle
rôderait jusqu’à ce qu’elle vous trouve.
– Les choses seraient pires alors, ajouta Cook.
– Avons-nous besoin d’être dans la maison ? dit Dorothée.
Nos tentes sont là depuis l’année dernière.
– Pas de camping, répliqua Marion. Nous l’avons promis.
– Si seulement l’igloo n’était pas de l’autre côté du lac,
soupira Dick.
– Nous aurions très bien pu y vivre, dit Dorothée. Nous
aurions été des Pictes.
– Pictes ? fit Marion.
– Les anciens Britanniques, expliqua Dorothée. C’étaient les
premiers habitants. Ils ont dû se cacher des envahisseurs et ont
continué à vivre secrètement dans des grottes et à la fin, les gens
pensaient qu’ils étaient des fées, et avaient l’habitude de laisser
du lait devant leur porte pour eux. Quelque chose comme ça. J’ai
entendu Papa en parler…
– Et le Foyer des Chiens ? dit Margot.
Marion fit un saut des deux pieds.
– Bravo, Margot, s’écria-t-elle. Bravo, Dick ! J’ai été une
dinde de ne pas y avoir pensé. Ils pourraient être des Pictes
pendant cent ans et toutes les grand-tantes du monde ne le
sauraient jamais. Allons-y. Courons y jeter un coup d’œil tout de
suite.
– Ce vieux truc ? rétorqua Cook. Il n’y a pas de vitre à la
fenêtre et le toit est probablement tombé maintenant.
– Je parie que non, dit Marion. La vitre n’a pas d’importance.
L’air frais, c’est bien. Et il y a une grande cheminée, et beaucoup
de bois partout. Écoute, Cooky, ils pourraient vivre dans le Foyer
des Chiens aussi confortablement que possible jusqu’à ce que
maman et oncle Paul reviennent.
– Et leurs repas ?
– Aucun problème. Dorothée est une excellente cuisinière.
– Je n’ai jamais cuisiné, corrigea Dorothée. Mais j’ai souvent
regardé Suzanne.

