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branches d’arbres, il y avait largement assez de place, et ils
pouvaient voir que, quels que puissent être les défauts de la
cabane, elle avait quelque chose qui, dans les maisons, compte
plus que tout.
– Quelle magnifique cheminée ! s’exclama Dorothée.
– Je t’avais dit que c’était bien, dit Marion.
C’était un énorme foyer qui occupait près de la moitié d’un
mur, une immense caverne de cheminée, de l’ancien type,
construite pour brûler du bois, dépourvue de grille, mais avec
une barre de fer très rouillée, qui s’étendait d’un côté à l’autre
avec un grand crochet suspendu à elle.
– C’est pour une bouilloire, précisa Margot.
– Je vois, dit Dorothée.
– C’est quelque chose de nouveau, affirma Marion en
désignant une chaise en bois qui avait perdu son dos. Il n’y avait
pas de meubles quand nous étions ici.
– À quoi servent ces chevilles ? demanda Dick.
Il regardait vers le haut deux grandes poutres, noires de
vieillesse et de fumée, qui s’étendaient d’un côté à l’autre de la
cabane sous le faîte du toit. D’énormes chevilles de bois, espacés
d’un mètre environ, sortaient des poutres.
– À accrocher des choses, dit Margot. Des armes, peut-être.
Oncle Paul dit qu’un garde-chasse vivait ici avant les bûcherons.
– Ce sera très utile, assura Dick. Et cette étagère au-dessus de
la cheminée est parfaite pour ranger des livres, et mon
microscope…
Dorothée le regarda. Eh bien, si Dick pensait que c’était bon…
– Personne ne s’en sert, dit Marion tout à coup. Si quelqu’un
l’utilisait, il y aurait de la literie, et il n’y en a pas. Faisons un
feu et voyons comment c’est vraiment.
– Ça ne sent pas vraiment l’humidité, ajouta Margot.
– Tout le monde va casser du bois, décida Marion. Celui qui
était ici a laissé beaucoup de bûches et tous ces petits trucs. Mais
il nous faut des baguettes pour commencer. Les petites brindilles
d’abord. Qui a des allumettes ?

