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– C’est justement ça. Écoute, je dois dire à Marion qu’on va
s’en aller. Et je ferais mieux de le faire tout de suite…
Elle retourna dans le couloir. Une énorme dispute semblait
avoir lieu dans la cuisine. Elle entendit Cook, Margot et Marion
parler toutes en même temps.
– Ohé ! Marion ! appela-t-elle.
La conversation s’arrêta soudainement.
– Entre, dit Marion. La cuisinière dit…
– Tu ne crois pas qu’on ferait mieux de rentrer chez nous ?
demanda Dorothée. Nous pourrions revenir quand elle sera
partie.
– Et la ferme de Dixon ? avança Marion.
Dorothée sut alors que son intuition avait été juste.
– J’y ai pensé, dit-elle. Et l’Épine aussi. Mais ils sont tous les
deux complets. C’est pourquoi maman a écrit à Mme Blackett.
On ferait mieux de partir. On reviendra après son départ.
– Nous ne voulons pas que vous partiez, dit Marion. Et
maman ne voudrait pas non plus. Elle en serait malade. C’est
juste que la G.T. va annuler tous les bienfaits de ses vacances.
Cook a raison à ce sujet. Elle s’en prendra à maman pour vous
avoir fait venir ici… Mais pourquoi partiriez-vous ? Pourquoi
maman ne vous inviterait-elle pas ici si elle le veut ? Pourquoi la
G.T. devrait-elle être autorisée à faire irruption et à tout gâcher ?
Ah, Dick a quelque chose à dire.
Dick était entré et se tenait dans l’entrée, essuyant ses lunettes
avec son mouchoir. Marion, comme Dorothée, connaissait ces
signes.
– Crachez le morceau, Professeur, dit-elle.
– Ne pourrions-nous pas être des blaireaux ? dit-il.
– Quoi ?
– Ne pourrions-nous pas continuer à être ici et ne jamais la
laisser nous voir ? Comme les blaireaux. Dans beaucoup
d’endroits, les gens pensent qu’ils ont disparu. Mais ce n’est pas
vrai, car ils ne se laissent jamais voir.
– Elle vous entendrait bouger dans la maison. Et ça ne

