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Chapitre IV
                       LE FOYER DES CHIENS




         Marion avait une longueur d’avance.
         – Nous avons des hamacs, dit-elle en tournant la tête. Vous
       serez mieux sur eux qu’en dormant par terre.
         – Il y a peut-être un rat ou deux, prévint Margot.
         – C’est loin ? demanda Dorothée.
         – Pas du tout. C’est ce qu’il y a de beau là-dedans : c’est dans
       le bois, au premier virage.
         Dick  et  Dorothée  connaissaient  la  route  qui  passait  par
       Beckfoot, tournait vers l’intérieur des terres jusqu’au pont sur la
       petite rivière et se divisait en deux, une branche allant jusqu’au
       bout du lac et l’autre remontant la vallée et passant près des High
       Topps en direction de Dundale. Mais ils n’étaient jamais allés
       dans les bois qui descendaient en pente raide derrière Beckfoot.
         – Espérons qu’il ne s’est pas effondré, dit Marion.
         – Nous n’y sommes pas retournées depuis une éternité, avoua
       Margot. C’est là que nous allions quand nous étions plus jeunes,
       avant d’avoir l’Amazone et avant de découvrir l’île des Chats
       Sauvages. C’est un très bel endroit.
         – Oui,  un  très  bel  endroit  pour  se  cacher,  précisa  Marion.
       Personne ne peut le voir de nulle part et nous pouvons nous y
       glisser  si  jamais  nous  parvenons  à  nous  échapper.  C’est  la
       cachette  idéale  pour  les  blaireaux,  ajouta-t-elle  un  moment
       après. Ou des Britanniques, ou ce que vous ayez dit.
         – Des Pictes, précisa Dorothée.
         – Par ici, les Pictes ! lança Marion en quittant la route par une
       brèche dans le muret de pierre, en contrebas du bois.

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