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mère. C’est peut-être pour m’épargner de l’anxiété qu’elle
ne m’a pas dit qu’elle devait s’absenter de la maison alors
que vous êtes revenues de l’école pour vos vacances. Un
peu plus de réflexion lui aurait montré que j’aurais préféré
l’entendre de sa bouche plutôt que de recevoir des
nouvelles aussi inquiétantes de seconde main.
Quoi qu’il en soit, mon devoir est clair. Aussi
incommode qu’il soit pour moi de bouleverser mes plans,
je ne peux pas permettre que vous deux, mes petites-nièces,
soyez ainsi abandonnées à votre sort. Tu me dis que ta
mère revient le 13. Ce jour-là, j’attends un ami dont je ne
peux différer la visite. J’ai cependant annulé tous mes
engagements jusqu’à cette date, et je viens à Beckfoot
demain pour m’occuper de la maison jusqu’à la veille du
retour de votre mère, quand je devrai vous quitter pour
préparer ma visite à Harrogate.
Je serais heureuse que vous demandiez à Cook d’aérer
le lit de la chambre d’amis pour moi. J’ai pris, par
téléphone, mes propres dispositions pour qu’un moyen de
transport vienne me chercher à la gare, et je m’attends à
être à Beckfoot entre six heures et demie et sept heures.
Je suis, ma chère nièce,
ta tante affectueuse,
Maria Turner.
– Brute ! brute ! brute ! dit Marion. Et on ne peut pas la
stopper. On ne peut rien faire. Elle sera là ce soir.
– Si Mlle Turner pense que je ne suis pas digne de m’occuper
de vous, je ferais mieux de faire mes valises, dit Cook. Je ne
resterai pas dans cette maison avec elle.
– Est-elle très affreuse ? demanda Dorothée.
– Elle l’est totalement, répondit Marion. Vous demanderez
aux Hirondelles, qui savent ce que c’est quand elle est là. Elle a
tout gâché pour nous tous. Nous devions être là pour les repas,
apprendre de la poésie, porter les plus belles robes, être vues et

