Page 34 - Pictes_v1b
P. 34
– Mais je lui ai écrit que nous n’étions pas seules, dit-elle. Que
devons-nous faire ? Cook ! appela-t-elle. Cookie ! La chose la
plus horrible vient d’arriver…
Dorothée la regarda attentivement. Comment une lettre
venant d’une tante pouvait-elle être si bouleversante pour une
pirate de l’Amazone ? Elle pensait à d’autres tantes qu’ils
connaissaient, des créatures très amicales et gentilles. Les grand-
tantes étaient-elles différentes ? Dorothée ne pouvait pas le
croire. Elle pensait qu’une grand-tante devait ressembler à
(8)
Mme Barrable, avec qui ils avaient navigué sur les Broads . Et
une lettre de Mme Barrable était toujours amusante pour tout le
monde avec les petits dessins que son stylo continuait à faire
quand elle le laissait s’enfuir. Mais il y avait Marion, d’abord
effrayée à l’idée d’ouvrir la lettre de la grand-tante, et qui
maintenant avait l’air d’avoir reçu de terribles nouvelles.
– Quelqu’un est mort ? demanda-t-elle.
– Dix fois pire que ça, répondit Marion.
– Qu’est-ce qu’il y a ? dit Cook, qui était venue à la porte de
la cuisine.
– Lisez.
– Non, je ne peux pas lire. Pas sans mes lunettes.
– Eh bien, écoutez. C’est tante Maria. Elle vient ici.
– Elle ne peut pas faire ça sans votre mère.
– C’est pour ça qu’elle vient.
Marion lut la lettre à voix haute :
Ma chère Clémence,
Je viens d’apprendre avec surprise que votre mère a
choisi cette fois-ci de partir à l’étranger avec votre oncle
Paul. Aucun d’eux n’a jugé bon de me faire part de leurs
intentions. Je suis horrifiée à l’idée que Marguerite et toi
soyez seules dans la maison. Je ne peux pas considérer
Cook comme un tuteur suffisant en l’absence de votre
–––
(8) Voir Le club des Foulques dans la présente série.

