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amarré au port pour la nuit. Maintenant, d’un seul coup, il était
comme mort. Personne n’en parlait, mais chacun jetait des
coups d’œil aux visages des autres pour voir s’ils le ressen-
taient aussi.
– Je me demande comment il est en dessous, dit soudain
Marion.
– Nous le saurons bientôt, affirma Jean.
– La plupart de ces vieux cotres pilotes sont pareils, dit le
capitaine Flint. La partie la plus profonde au niveau du talon.
– Ne va-t-il pas s’installer en pente avec le nez en bas ?
demanda Jean, qui avait réfléchi à la question.
– Il le ferait sur un terrain plat. Mais cette plage est en pente.
Il est presque de niveau, et il doit être assez solide sur ses
béquilles maintenant.
– J’ai assez mangé, affirma Marion. Je vais monter jeter un
coup d’œil.
Le capitaine Flint la suivit, tout en bourrant sa pipe. Jean fit
une grande bouchée de la fin d’une tranche de pain et de
marmelade, engloutit le reste de son café et suivit. Micky et
Dorothée se précipitèrent après lui. Dick, qui avait déjà fini son
petit déjeuner, sortait les affaires dont il avait besoin et les
rangeait en rang sur le canapé situé sous sa couchette : appareil
photo, longue-vue, crayon, carnet de notes. Rien ne devait être
oublié. Roger se leva, jeta un coup d’œil à l’échelle, puis
retourna à table. Il s’assit à nouveau et passa sa tasse vide à
Suzanne. Il était l’ingénieur et son travail pour le moment était
terminé. Il se servit une autre tranche de pain. Suzanne se mit à
rire.
– Tu as encore faim ? demanda-t-elle.
– Et pourquoi pas ? Oui, j’ai faim, si tu veux savoir.
– Il vaut mieux manger maintenant, dit Suzanne, et puis tu
n’auras pas à porter autant de nourriture quand tu iras à terre.
Roger la regarda avec une certaine suspicion. Suzanne
plaisantait-elle ou non ?

