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Jean déroulait une corde à l’arrière jusqu’à ce que la béquille
soit bien droite. Le capitaine Flint contrôla soigneusement et
les deux cordes furent fixées. L’extrémité supérieure du poteau
fut arrimée au hauban. La même chose fut faite à la béquille de
l’autre bord, et voilà l’Ours de mer prêt à toucher le sol avec sa
quille et avec une béquille de chaque côté, afin de le soutenir
dès que la marée baisserait.
– Tu ferais mieux de t’habiller, dit Dorothée à Dick.
Il descendit en hâte l’échelle. D’une minute à l’autre, il allait
savoir s’il serait libre de descendre à terre.
– C’est tout ce que nous pouvons faire pour l’instant, dit le
capitaine Flint. Bien joué, tout le monde. Et le petit-déjeuner ?
– Le porridge sera froid, dit Suzanne.
– Qui s’en soucie ? répliqua Marion.
– Il y aura du café chaud de toute façon, affirma Margot.
J’ai remis le Primus en marche pendant que vous installiez les
béquilles.
Ils avaient à peine commencé à manger leur porridge qu’ils
sentirent le bateau toucher le fond à nouveau, et ils comprirent
que la marée qui les avait soulevés après leur premier contact
avait commencé à baisser. Il y eut une ruée générale vers les
échelles du gaillard d’avant.
– Il très joliment posé, dit le capitaine Flint.
– Et ses béquilles ? demanda Jean.
– Elles vont faire leur office dans une minute.
– Celle-ci est sur le fond de toute façon, dit Roger. Je vois
un poisson fouiner autour.
– Sa ligne de flottaison est visible, ajouta Marion une ou
deux minutes plus tard.
– Encore quelques heures et nous serons au travail.
– Finissons le petit déjeuner, dit Suzanne.
Ils redescendirent et Dick, pensant toujours à ces lochs
marqués sur la carte, et plutôt proches, posa sa question.

