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– Eh ! Qu’est-ce qui se passe ?
– Désolé. C’est juste que j’ai vu un oiseau.
– Quelque chose à tribord, cria Margot, dans le brouillard.
Non... c’est parti. Je ne vois plus rien maintenant, mais il y
avait quelque chose.
– Elle a peut-être aperçu la falaise, dit le capitaine Flint à
Jean. Nous devons en être assez proches. Désolé, Dick, ne
m’écoute pas, ajouta-t-il en lui souriant. Et attention à notre
direction...
– Nous sommes cap à l’ouest, répondit Jean.
Ils furent ensuite surpris par un bruit qui n’avait rien à voir
avec la mer. « To-ké ! To-ké ! To-ké ! » C’était le cri d’un tétras
qui se posait.
– Nous ne le serons pas ! lança Roger, ce qui lui valut un
regard noir de Suzanne.
Le capitaine Flint donna la carte à Dick.
– Concentre-toi sur ça, dit-il.
Et il s’avança pour rejoindre les silhouettes brumeuses sur la
plage avant.
– Huit brasses, annonça Marion. Huit brasses et de la boue.
– Sept brasses, poursuivit-elle, jetant un coup d’œil et
découvrant le capitaine Flint tout près d’elle.
–Stop ! cria le capitaine Flint.
Le battement du moteur s’accéléra pendant un instant, au
moment où Roger le débraya.
– À tribord toute !
– À tribord, répéta Jean en poussant la barre.
– Mouillez ! cria le capitaine Flint.
Et il obéit à son propre ordre. Il y eut un gros plouf, puis le
cliquetis et le fracas de la chaîne qui se dévidait par le
chaumard de l’étrave.
– Coupe le moteur, Roger.
On entendit le moteur tousser un peu, puis il s’arrêta.
L’Ours de mer était à l’ancre. En regardant par-dessus bord,
Dick pouvait voir de petites mouchetures d’écume passer

