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lentement pendant qu’il se balançait. En regardant plus loin, il
ne voyait rien d’autre qu’un mur de brume blanche.
– Sommes-nous entrés ? demanda Marion.
– Nous y sommes, assura le capitaine Flint. Mais je ne
jurerais pas de l’endroit exact. Donnez-moi un coup de main
pour sortir ce canot.
On se précipita pour installer les bossoirs et en quelques
minutes, le canot fut sorti et mis à l’eau.
– Jean sera en charge du navire, annonça le capitaine Flint.
Allez, Marion, apporte la sonde. Quelqu’un doit continuer à
sonner la cloche, tout le temps. Nous n’allons pas loin, mais ça
peut nous aider à ne pas vous perdre.
Il s’éloigna en ramant. Marion, à l’arrière enroulait la ligne
de sonde à ses pieds. En quelques instants, le canot, avec le
capitaine et elle à son bord, n’était même plus une tache
sombre dans le brouillard. Il avait disparu. En écoutant le
discret clapotis des rames, le reste de l’équipage se regardait
comme pour demander ce qui allait se passer ensuite.
– Nous sommes proches de la côte de toute façon, dit Jean.
Entend-on encore ce tétras ?
– Et nous sommes à l’ancre, ajouta Suzanne. Eh bien, c’est
beaucoup mieux que d’être en mer dans le brouillard.
– Nous pourrions avoir à nous déplacer à nouveau, fit
remarquer Jean. Nous sommes peut-être trop près.
– C’est ce qu’ils sont allés vérifier ? demanda Dorothée.
– Et Margot ? dit Suzanne. Je crois qu’il l’a oubliée. Elle n’a
plus besoin d’être là-haut.
– Descends, Margot ! cria Jean.
– LA CLOCHE !
Ce cri sortit brusquement du brouillard.
« Ting... ting... ting... ting... ting... » fut la réponse.
Le cri avait interpellé Roger juste au moment où il
remontait joyeusement de la salle des machines après avoir
coupé l’essence et passé un coup de chiffon gras sur le moteur.

