Page 28 - GrNordiques_v1c
P. 28
« Splash ! »
Marion continuait à remonter la ligne, puis à l’immerger.
– Onze ! cria-t-elle.
Elle continua à la tirer, et à l’enrouler tout en tirant. Elle
attrapa le plomb dès qu’elle put l’atteindre et en regarda le
fond.
– Onze et de la boue molle ! cria-t-elle.
« C’est donc comme ça que se passe », pensa Dick. « La
graisse ajoutée sur le dessous du plomb a permis de faire
remonter un échantillon du fond, pour aider le capitaine qui se
fraye un chemin à tâtons ». Il savait maintenant à quoi servaient
ces petites notes pointillées sur les cartes... « s » pour sable,
« m » pour boue, « sh » pour coquillages, et ainsi de suite.
C’était la première fois qu’il les voyait se donner la peine
d’armer le plomb. Ils avaient souvent sondé pour s’assurer de
la profondeur lorsqu’ils se préparaient à jeter l’ancre. Cette
fois, ils voulaient en savoir plus. Ils voulaient savoir tout ce qui
pourrait les aider, dans cette brume blanche qui leur bandait les
yeux.
« Splash ! »
– Neuf et demie... Boue et coquillages...
– Est-ce qu’on... ?
– Taisez-vous, dit le capitaine Flint. Écoutez !
Des mouettes criaient quelque part à tribord, bien au-dessus
d’eux.
– La falaise ? murmura le capitaine Flint.
Le bruit du moteur changea soudainement, comme le font
les pas lorsqu’on traverse un pont en bois après avoir marché
sur une route solide.
– Cap à l’ouest, ordonna le capitaine Flint à Jean.
– Cap à l’ouest, c’est fait, répondit Jean tranquillement.
– Si c’est le côté nord du mouillage à atteindre, dit le
capitaine Flint, devons être maintenant à l’abri de tout courant
de marée traversant l’entrée.
– Il est très content, chuchota Dorothée à Dick.

