Page 49 - Pictes_v1b
P. 49
– C’est parfait aussi pour observer les oiseaux, ajouta Dick.
Les papillons également. J’ai vu un amiral rouge et deux
fritillaires à l’extérieur. Et je suis presque sûr d’avoir entendu un
pivert.
– L’essentiel, c’est que c’est près de la maison, dit Marion. Et
complètement hors de vue. Une fois que nous aurons filé sans
être repérées, on pourra être ici en deux temps trois mouvements.
C’est dix fois mieux que si vous deviez partir complètement ou
être de l’autre côté du lac. Et vous pouvez dépasser Beckfoot et
sortir sur le promontoire…
– Pour sortir le Scarabée du hangar à bateaux ? demanda
Dick.
– Bon sang ! j’avais oublié ça. Nous devrons faire un port
pour votre bateau quelque part en amont sur la rivière. Il ne faut
pas que la grand-tante le trouve dans notre hangar à bateaux.
Quelle heure est-il ?
– Une heure moins vingt-sept minutes et demie.
– Dans moins de six heures elle sera là. Allez, venez. On doit
préparer vos hamacs. Il faut qu’on apporte de la literie. Vous
aurez besoin de provisions et d’ustensiles de cuisine. Nous
devons transformer votre repaire en chambre d’amis indigène.
Et puis nous devrons être en robes de fête, prêtes à gommer notre
nature sauvage quand la grand-tante arrivera telle une gorgone.
Nous la gérerons très bien tant qu’on pourra garder votre secret.
Ce que ses yeux de morue ne voient pas, son cœur de congre ne
peut pas le déplorer. Je pense que c’est splendide de ta part et de
celle de Dick.
– On va devoir faire nos valises, rappela Dorothée.
– On ferait mieux de se dépêcher, dit Margot. Cook aura
bientôt fini de préparer la tambouille, et il faudra que vous la
fassiez durer puisque vous n’avez quasiment jamais cuisiné.
– Je saurai quand même faire cuire des œufs, dit Dorothée. Et
pour le reste, je vais vite apprendre.
– Bien sûr qu’ils vont y arriver, affirma Marion. Et notre
vieille Cook leur fera passer des choses en douce. Ce n’est pas

