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Chapitre III
                        COMME UNE BOMBE




         Personne n’aurait pu deviner, au vu de la façon dont la journée
       avait  commencé,  à  quel  point  elle  allait  se  terminer
       différemment. Il y eut une baignade dans la rivière avant le petit
       déjeuner, pendant laquelle Dick ajouta trois autres oiseaux, la
       poule d’eau, la bergeronnette et le cygne à la liste qu’il avait
       commencée la veille au soir. Le petit déjeuner, comme le dîner,
       était un repas « officiel », les hôtes étant polis envers les invités,
       et ceux-ci refusant d’être surpassés en courtoisie par leurs hôtes.
       Ils  discutaient  de  projets,  mais  qui  étaient  tous  d’un  genre
       modeste.
         – Tu comprends, n’est-ce pas ? dit Marion. Ce n’est pas bon
       de penser à quelque chose d’extraordinaire. Il faut que ce soit la
       vie ordinaire, pour montrer à maman qu’il était parfaitement sûr
       de nous laisser seules.
         – Bien sûr, répondit Dorothée. Ça ne nous dérange pas. J’ai
       une nouvelle histoire à écrire.
         – Et il y a le bateau, ajouta Dick. Et les oiseaux, et cette chimie
       que  je  vais  faire  avec  Timothée.  Je  n’aurais  pas  vraiment  le
       temps pour autre chose.
         – Bien, conclut Marion. C’est bizarre de planifier que rien ne
       se passe au lieu de faire bouger les choses, mais c’est ce qu’il
       faut faire. Il y a une bonne raison à ça, donc c’est facile.
         – Ça va être parfait, renchérit Dorothée.
         Et puis, peu après le petit-déjeuner, le coup tomba.
         Une cloche sonna quelque part dans la maison, suivie d’un
       double coup frappé à la porte d’entrée.
         – Le facteur, dit Margot.
         Elle et Marion coururent dans le couloir.
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