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– Il y a beaucoup de choses à faire sans aventures, dit
Dorothée.
– Ce sera bien, assura Marion.
– Nous savions que ça ne vous dérangerait pas, dit Margot,
tant que vous savez à quoi vous attendre.
Ils contournèrent la pointe et tournèrent entre les roseaux de
l’embouchure de la rivière Amazone. La crête du promontoire
coupait le vent. Ils affalèrent la voile, remontèrent la dérive et
ramèrent lentement vers l’amont jusqu’au vieux hangar à
bateaux de Beckfoot, avec sa tête de mort peinte sur l’entrée, sur
laquelle le crâne et les os en croix s’estompaient, mais étaient
toujours visibles.
– Il suffirait d’un coup de pinceau, dit Marion en voyant ce
que les invités regardaient.
– Où est la vedette ? demanda Dick dès qu’il put voir dans le
hangar à bateaux.
– On lui pose un nouveau bordage, dit Margot.
– C’est une bonne chose aussi, dit Marion. Le Scarabée va
avoir sa place. Nous avons tout préparé. Attention aux têtes
pendant que je baisse le mât…
– Il se rangera contre ces défenses, dit Margot.
Dick et Dorothée, en regardant les défenses de corde,
voyaient déjà leur navire le long de son quai privé.
L’Amazone fut amarrée et tous les quatre portèrent les deux
valises en traversant la pelouse jusqu’à la maison.
– Ils sont arrivés ! cria Marion.
La vieille Cook sortit de sa cuisine pour les accueillir et leur
demander s’ils avaient fait un bon voyage, leur dire qu’ils
avaient grandi depuis l’an dernier et rappeler à Dick toutes les
assiettes qu’elle avait cassées quand, il y a un an, il l’avait
effrayée en faisant sonner les pigeons voyageurs.
Dick avait le sentiment étrange qu’ils n’étaient jamais partis.
Au-dessus du téléphone dans le couloir, à l’endroit même où il
se tenait l’an dernier, se trouvait la carte du colonel Jolys, qui

