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– Les bateaux ne signifient rien du tout pour lui, dit Marion.
Il dit toujours qu’il préfère marcher. Oncle Paul dit qu’il est de
premier ordre en montagne… Oncle Paul, lui, est trop gros… Et
il affirme qu’il ne serait pas bon que tout le monde ait les pieds
palmés. Allez, Dick. Tu as assez vu Timothée. Monte à bord. Tu
t’assois sur les valises, Margot et Dot à l’arrière. Je vais traverser
la baie à la rame.
Cinq minutes plus tard, l’Amazone glissait le long d’un des
petits débarcadères qui partent des hangars des constructeurs de
bateaux. Où qu’ait été rangé le Scarabée, il n’était certainement
pas dans l’eau. Le vieux constructeur de bateaux les vit
approcher et sortit pour les rencontrer.
– Il n’est pas prêt ? lui demanda Marion.
Le vieil homme ne pensait même pas avoir besoin de
s’excuser.
– Vous avez envie de le voir, dit-il, prenant rapidement
l’amarre de l’Amazone. Mais il faut laisser sécher le vernis. Et la
voile est prête. Je l’ai mise aussi à sécher, mais dans le grenier.
Il ouvrit la porte de la remise, et Dick et Dorothée virent pour
la première fois le premier bateau qu’ils aient jamais possédé. Il
était couché à l’envers sur des tréteaux, son fond brillant d’un
vernis noir lisse, ses flancs luisant d’or dans le soleil qui filtrait
par la porte ouverte.
– Il ne fait que quatre mètres ? demanda Dick. Il a l’air
beaucoup plus grand.
– Il est aussi proche de votre bateau qu’on pouvait le faire, dit
le vieux constructeur à Marion. C’est ce que M. Turner nous a
demandé. Vous pourrez faire la course, j’ose le dire.
– Oui, oui, oui, dit Marion. Mais les vacances ont commencé
et ils le veulent maintenant. Oncle Paul a tout à fait raison. Vous
savez ce qu’il a dit ?
– Non, pas du tout.
– Il a dit que vous seriez en retard parce que le seul
constructeur à avoir fini un bateau à l’heure était Noé, et il l’a

